Jean-Luc André

HURULHURLU

29 Mars – 07 Mai 2013

Du temps T0 au temps T1+n (29 mars – 5 mai), la galerie l’Oeil Histrion présente « HURULHURLU ». un dispositif de l’Agence Nationale De Récit Évasif. Ce dispositif est constitué par l’implémentation en temps réel de différents corps phatiques (dessin – peinture – texte – installation). Selon la logique « Leroy-Ducadran », il s‘agit ici de faire fonctionner quelque chose dans un contexte spécial et de créer une situation opérationnelle où tout serait comme électrisé. Concrètement, ce dispositif rassemble dans le même site ce qu’on appellera un « Collisionneur de Hurulhurlu » et un « Laboratoire d’Étudologie » des résonances de crabouillages. Encore plus concrètement, le « collisionneur » est une installation constituée par l’assemblage de divers objets en « voisinage phatique ». Ces objets, si on les regarde un par un, ne relèvent pas nécessairement du territoire de l’art, on dira qu’il y a « voisinage phatique » lorsque l’assemblage fait plus que l’addition de ces objets, lorsque l’assemblage fait « corps ». Alors ce corps phatique devient transmetteur de l’énergie opérationnelle. Si, ensuite, chaque objet de cet assemblage est assigné à une fonction, comme « compresseur » ou « calculateur », alors ce corps se fait machine à l’instar (ou presque) des machines utilisées dans la physique des particules. Le « laboratoire d’Étudologie » associé au collisionneur est, quant à lui, constitué de nombreux éléments sous forme de peintures, dessins et textes. Ces éléments relèvent de différentes périodes, de différents styles et de différents protocoles, variété qui ouvre une multiplicité de regards, car, comme disait le professeur Marescot : « Il faut faire varier les points de vue pour bien étudologiser un phénomène aussi complexe que le crabouillage en général et ses résonances en particulier…..» Collisionneur de Hurulhurlu et Laboratoire d’Étudologie réalisent ensemble un circuit de nervosité dont la trajectoire est orientée par le scénario du « crabouillage ». Ce scénario est basé sur l’hypothèse défendue par certains astrophysiciens selon laquelle nous ne vivons pas dans un « univers » mais dans un « multivers » où coexistent plusieurs univers qui ne vibrent pas sur la même fréquence. Néanmoins, le danger existe que la fréquence d’un monde « alternatif » interfère dans la fréquence du nôtre ; alors nous serions confrontés à un nouveau « big bang », un « Bang Of Young Alternative Universe », c’est-à-dire un crabouillage du « boyau ».

Le circuit de nervosité de l’andré est donc en porte à faux entre « art » et « science ». Il n’y a d’ailleurs pas une grosse différence entre un dispositif « art » et un dispositif « science » ; on peut dire, grosso modo, que les dispositifs art et science ont tous deux vocation à « rendre visible » comme le souligne Gilles Deleuze lorsqu’il écrit : « L’art se propose de rendre visible et non de reproduire le visible ». On a donc à la fois l’idée d’effraction et de vision. Si, dans le cas du scientifique, il s ‘agit d’éclairer le monde des forces obscures, l’action de l’opérateur en art sera sous-tendue par une question qui traverse le territoire de l’art depuis Jarry, Picasso et Duchamp, question qui pourrait se formuler ainsi : « comment faire chier le monde un max ? »

La mission du Collisionneur de Hurulhurlu et du Laboratoire d’Étudologie est d’empêcher le crabouillage du monde en colmatant le trou du boyau, car, comme aurait pu l’écrire Guy Debord : « Là où les boyaux se changent en crabouillages, les crabouillages deviennent des phénomènes réels et les motivations efficientes d’un comportement chiatique. »